David, créateur des voyages clubaventure en Amérique

David, tu reviens d’une mission de travail au Pérou, quel était le but de cette mission ?

Comme vous le savez certainement, en janvier, de fortes pluies ont fait monter les eaux du rio Urubamba et créé des glissements de terrains, coupant la voie de chemin de fer qui permet de se rendre au Machu Picchu. Comme la plupart de nos circuits empruntent cette voie de chemin de fer, je me suis rendu sur place pour bien comprendre la situation et chercher des alternatives le temps que la voie d’accès classique soit remise en état.

Sur place, comment as-tu ressenti la situation ?

Il faut savoir que les dégâts sont avant tout matériels. Heureusement, il n’y a pas eu de morts, car le fleuve est monté progressivement. Par contre, Cusco paraît désertique… et plusieurs milliers d’habitants se retrouvent en vacances forcées car les touristes ont cessé de venir pour le moment. En conséquence, les hôtels, les restaurants, les boutiques ferment ou réduisent leur personnel. C’est assez surprenant, mais bien vite la ville va reprendre ses habitudes. Janvier et février restent la basse saison, et d’ici deux mois, toute trace des inondations aura disparu.

Est-ce la seule voie d’accès au site ?

La voie ferrée emportée par le rio Urubamba.

Malheureusement oui, hormis le sentier Inca qui permet d’atteindre le site à pied (et qui est fermé chaque année en février), le train est le seul moyen d’accéder au petit village d’Aguas Calientes au pied du Machu Picchu. Le site est aujourd’hui fermé et réouvrira au plus tard le 1er avril, tout comme le chemin Inca.

Donc, tout devrait rentrer dans l’ordre ?

Les autorités locales et la compagnie de chemin de fer assurent que les travaux permettant de réouvrir la voie de chemin de fer entre Aguas Calientes et Chillca seront terminés avant début avril. Cela dit, la voie est coupée en de nombreux endroits et la partie en amont (vers Ollantaytambo et Cusco) n’est pas prioritaire. L’inconvénient, c’est qu’il sera sans doute difficile de faire parvenir les milliers de touristes attendus à Chillca qui est un tout petit village au fond d’une vallée encaissée. Même si les travaux seront terminés dans les temps, les places risquent d’être limitées et les trains vers Machu Pucchu de moindre capacité qu’en temps normal, du moins dans un premier temps.

Quelle est donc l’alternative ?

En fait on peut remonter la vallée de l’Urubamba depuis Santa Teresa pour rejoindre Aguas Calientes, arriver au Machu Picchu par l’autre côté… sur la carte, vous pouvez voir en rouge les routes et en vert la voie de chemin de fer. De ce côté la route est à nouveau opérationnelle jusqu’à Hidroelectrica. De là, on peut rejoindre Aguas Calientes en train ou à pied (en environ 2h30 de marche).

Qu’est ce qui change ?

Le premier jour, nous prenions le train depuis Ollantaytambo jusqu’à Aguas Calientes : dorénavant nous emprunterons la route qui monte jusqu’au col de Malaga (4300 m.) d’où l’on bénéficie d’une superbe vue sur les glaciers de la cordillère de Veronica, tout proches. Après ce col, la belle route en lacets descend de 3000 mètres !!! C’est une toute autre ambiance avec des bananiers, des plantations de café, des fruits de la passion… C’est véritablement l’ambiance amazonienne, que l’on retrouve ici, avec ces petits villages typiques. Une nouvelle ambiance qui jusqu’ici était absente de nos itinéraires de 15 jours ! Arrivés à Santa Maria, nous remonterons la vallée de l’Urubamba jusqu’à Hidroelectrica d’où nous rejoindrons Aguas Calientes (en train ou à pied en fonction des horaires des trains). Nous devrions être à Aguas Calientes vers 16/17 heures.

Ambiance Amazonie sur ce nouvel accès vers le Machu Picchu.

Vue sur les glaciers du Véronica depuis le col de Malaga.

Le lendemain, nous visiterons le Machu Picchu que nous quitterons vers 14/15 heures pour reprendre la route de l’Amazonie et dormir au petit village de Santa Teresa.
Finalement le troisième jour, nous rentrerons sur Cusco par le même chemin (en cours de route, nous pourrons découvrir des ruines incas).
Pour réussir à tout faire, cela demande donc une journée de plus. Nous pouvons facilement gagner cette journée dans le reste de l’itinéraire (c’est parfois une journée libre à Cusco qui est supprimée ou deux journées qui sont concentrées en une seule),  au final on peut garantir le Machu Picchu et en plus offrir à nos clients un « extrait d’Amazonie », ainsi que les beaux paysages du col de Malaga.

Mise à jour du 2 mars 2010

Nous venons malheureusement d’apprendre qu’un nouvel éboulement a endommagé la route entre Santa Maria et Santa Teresa. Les autorités péruviennes y creusent actuellement un tunnel et nous n’avons à ce jour pas de date de réouverture prévue. L’alternative proposée n’est donc plus d’actualité. Cette solution de repli pourra toutefois être envisagée dès la réouverture de ce tronçon à la circulation, qui, espérons le, ne saurait tarder.

Mise à jour du 18 mars 2010

Bonne nouvelle !
La réouverture prochaine du Machu Picchu est annoncée, les travaux ayant bien avancés, les autorités péruviennes nous confirment que le site ré-ouvrira le 1er avril 2010.
Comme nous vous l’avions communiqué, l’accès se fera dans un premier temps par la route jusqu’au km 82 puis par train jusqu’à Aguas Calientes.

A part la région de Cusco, t’es-tu rendu à un autre endroit du Pérou ?

Itinéraire aérien oblige, je suis passé par Lima, et j’en ai profité pour visiter les îles Palominos. Nous avons en effet ajouté ces îles à la plupart de nos itinéraires pour 2010, et je dois dire que ça vaut la visite, c’est même plus intéressant que les îles Ballestas, qui sont pourtant beaucoup plus connues et plus touristiques.

De quoi s’agit-il exactement ?

Il s’agit d’îlots inhabités sur l’océan Pacifique peuplés d’oiseaux, de pingouins et de lions de mer. L’excursion dure une demi-journée et permet de se plonger dans ce monde qu’est la côte pacifique et qui n’a rien à voir avec les autres curiosités du pays. En effet, très vite on quitte le port de Lima pour aborder ces îles totalement sauvages. Nous longerons l’île de San Lorenzo, ses hautes falaises d’où s’élancent des milliers d’oiseaux marins. Plus loin, on appréhendera les grandes dunes du désert côtier qui caractérise la côte. J’ai pu y voir des îlots couverts d’une colonie de plusieurs centaines de pingouins de Humbolts. Enfin, sur l’île Palomino, c’est une colonie de 8000 lions de mers qui nous attend. Et là, ceux qui le souhaitent peuvent se jeter à l’eau pour nager avec eux.

Ce n’est pas un peu téméraire ?

Non,  ils sont inoffensifs, ils restent à une certaine distance (environ 5 mètres) et nous regardent avec curiosité. Par contre j’avoue que quand ils vous regardent et grognent la bouche ouverte … Mais j’en garde un très bon souvenir ! Un moment magique…

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